Do you speak my language?

lundi 26 Sep, 2016 - 13h56min

Jardin Rouge est un lieu à part dans le panorama culturel marrakchi. Avant tout, parce qu’il s’agit d’une résidence d’artistes, ouverte au public seulement sur rendez-vous, pour préserver la quiétude des artistes. C’est ici que viennent s’inspirer peintres et sculpteurs marocains ou étrangers, reconnus ou plein d’avenir, pourvu qu’ils aient un projet novateur. “Do you speak my language?” est la narration même du quotidien de la résidence artistique, et le nom donné à cette nouvelle présentation des travaux de 4 artistes. Tarek Benaoum est originaire de Salé, Neuröne vient de Marseille, Sy de Saint-Pétersbourg et 310 de Moscou. Ensemble, ils créent une richesse tirée du mélange des genres et des origines. Portraits toujours singuliers de ces nouveaux et heureux résidents à Jardin Rouge.

Do you speak my language?

Tarek Benaoum / Salé

Un maître des belles phrases. D’un romantisme à vous damner. L’artiste parisien, originaire de Salé, sait manier la lettre. Ses mots s’enchâssent et se superposent pour en faire un médium décoratif à part entière. Son geste devenant alors aussi léger qu’un souffle. À Jardin Rouge, Tarek Benaoum recherche et brise les codes de sa propre narration en osant l’expérimentation de l’abstraction. De ce mélange d’Orient et d’Occident, ses toiles transpirent une fougue vivace, portée par les grands textes d’Adonis, de Jim Morisson et Khalil Gibran.

Neuröne / Marseille

Si les murs de Marseille sont souvent investis de graffitis, Marrakech est pour Neuröne un terrain neutre bien inspirant. On le sait, les graffeurs n’ont eu de cesse de voir voyager leurs tags sur des camions de marchandises, des convois industriels ou des métros. À Marrakech, ce sont les triporteurs et autres Berlier GLR160 que Neuröne s’approprie. Un travail de recontextualisation de ses images d’enfance. Puis, d’un trait de bombe aérosol, il traverse cette superposition de multiples couches de papier. Une œuvre esthétique magnifiée par du vandalisme.

Vitaly Tsarenkov alias SY / Saint-Pétersbourg

Ph. ©Stephane Davi

Si l’artiste de St-Pétersbourg s’est fait connaître pour ses grandes fresques murales faites de multiples facettes de couleurs, il crée pour Jardin Rouge une série de toiles et de panneaux bois où l’accumulation visuelle se joue de l’endoctrinement, qu’il soit social, politique ou culturel. Ingénieur de formation, il développe un traitement de l’image très géométrique, dont il se libère un peu aujourd’hui pour plus de surréalisme. Les images de son enfance, ce sont les parades russes qui investissent les rues, qu’il travaille sous de multiples angles, avec un léger ton ironique, parfois critique.

Stepan Krasnov alias 310 / Moscou

Son maître : Lichtenstein. Son emblème : le cercle. Entre Pop art et Street art, ce jeune représentant de la scène artistique urbaine russe, à travers ses fresques gigantesques, crée des story-boards sur la vie urbaine quotidienne. Mais à Jardin Rouge, 310 se détache de cette influence et use du cercle pour former une œuvre en négatif, installant un dialogue entre le fond et la forme aux jeux optiques circulaires. Cette série intitulée Style Wars lui permet de se détacher de l’imagerie des années 70, si représentative de son travail.

S.J

Du 13 février au 12 mars

Km 20, Jnanna Ah’mar, route de Fès

contact@jardinrouge.com

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